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Arthur Hayes (BitMEX) condamné pour « infraction au secret bancaire »

Crédit : Shutterstock

Dans le collimateur de la justice américaine après avoir pris des libertés avec la réglementation anti-blanchiment, Arthur Hayes, cofondateur de l’exchange BitMEX, a écopé de six mois de détention. Une peine qu’il pourra purger à son domicile.

 

Le couperet est tombé et le dénouement est plus clément qu’escompté. Après avoir reconnu s’être délibérément affranchi de la législation anti-blanchiment, pour atténuer la peine encourue, Arthur Hayes, cofondateur de la crypto-bourse BitMEX, vient officiellement d’être reconnu coupable par le tribunal de New York « d’infraction au secret bancaire », selon les termes consacrés. « Arthur Hayes a été condamné à six mois de détention à domicile, en lien avec sa violation du Bank Secrecy Act (le « BSA »), par son manquement délibéré pour établir, mettre en œuvre et maintenir un programme de lutte contre le blanchiment d’argent («AML») dans le cadre de la société de crypto-monnaies qu’il a cofondée et détenue, Bitcoin Mercantile Exchange ou « BitMEX », précise le jugement.

Un verdict qui, au regard de sa mansuétude, devrait fortement déplaire au procureur en charge du dossier. En effet, ce dernier, estimait, il y a une quinzaine de jours, que la peine encourue – entre six mois et un an- était trop faible au regard de la gravité des actes d’Arthur Hayes. Et qu’une telle clémence pourrait enjoindre d’autres exchanges à s’affranchir des réglementations anti-blanchiment.

« La mise en conformité des plateformes de crypto-monnaies sera compliquée à mettre en œuvre si leurs opérateurs estiment qu’il n’y a pas de répercussions significatives en cas de non-respect de la loi », soulignait, à cette époque, le bureau du procureur qui plaidait pour une condamnation plus « importante » afin de dissuader d’autres plateformes de s’aventurer sur ce terrain. Et ainsi provoquer un véritable effet dissuasif.

Le jugement – assorti d’une amende de 10 millions de dollars et de deux années de mise à l’épreuve– s’il peut s’avérer clément dans les faits reconnaît néanmoins avec une certaine véhémence la gravité des actes de l’architecte de la plateforme d’échange. « Arthur Hayes a tiré des bénéfices substantiels de BitMEX, grâce au commerce basé aux États-Unis, et a fait état de manière agressive l’absence de programme anti-blanchiment de la société. À diverses reprises, le site Web de BitMEX a déclaré qu ‘aucun nom réel ni autre vérification avancée n’était requis pour s’inscrire sur BitMEX ».

Et d’ajouter. « Jusqu’en août 2017 au moins, la page d’inscription de la plateforme indiquait explicitement que le prénom et le nom n’étaient pas obligatoires pour s’inscrire ». Diverses réprimandes, corrigées depuis, qui attestent néanmoins des libertés prises par l’exchange à cette période. Ses démêlés judiciaires derrière lui, Arthur Hayes va de nouveau pouvoir se consacrer- depuis chez lui du moins pendant six mois- à suivre les soubresauts de Bitcoin.

Dans un post medium en date du 10 avril dernier (époque où Bitcoin semblait solidement arrimé à la fourchette de 35/45k$ dollars), le cofondateur de BitMEX prévoyait un sombre horizon à la reine des crypto-monnaies, estimant qu’elle pouvait décliner aux alentours des 30 000 dollars d’ici le mois de juin. Une prophétie qui a, finalement « devancé l’appel », Bitcoin évoluant autour des 30 400 dollars au moment de la rédaction de ces lignes.

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Samir Hamladji
Rédacteur et reporter - Journaliste pour plusieurs grands médias tels que LesEchos ou Challenges, Samir a été en charge de la rubrique Finance chez Forbes de 2016 à 2019. Il s'intéresse depuis plusieurs années à l'écosystème des crypto-monnaies et de la blockchain.