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L’euro numérique limité à 3000 à 4000€ par habitant

Crédit : Shutterstock

Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, estime que les avoirs en euros numériques ne devraient pas excéder 1000 à 1500 milliards d’euros. Motif : éviter des effets négatifs sur le système financier et la politique monétaire.

 

Le dossier monnaie numérique de banque centrale (MNBC – ou CBDC en anglais) de l’Europe suit son cours. Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, était auditionné le 15 juin par la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

Le représentant de la BCE a de nouveau défendu la nécessité d’émettre une MNBC sous la forme d’un euro numérique. Pour Panetta, deux raisons au moins justifient cette décision.

L’e-Euro une question d’autonomie sur les paiements

La première est de préserver le rôle de la monnaie publique dans le système de paiement. La seconde justification tient à la contribution d’un euro numérique à l’autonomie stratégique de l’Europe et à son efficacité économique.

Pour le cadre de la banque centrale, l’e-Euro deviendrait ainsi une option pour tout paiement numérique. Mais pour tenir un tel rôle en tant que moyen de paiement, le futur euro digital doit cependant réunir des caractéristiques indispensables. Celui-ci se doit d’être « attractif » pour les utilisateurs, souligne Fabio Panetta.

L’octroi du statut de cours légal à l’euro numérique rendrait cela possible, et c’est vous, les colégislateurs, qui en déciderez. Cela permettrait également d’obtenir les effets de réseau qui sont la clé du succès des solutions de paiement”, déclare-t-il encore.

Pour convaincre, le représentant de la BCE insiste sur le respect des « normes les plus élevées en matière de confidentialité ». Il précise en outre que la banque centrale s’efforcera « de minimiser les délais de commercialisation, les coûts, les risques et l’empreinte écologique » de l’euro numérique.

Une émission progressive de l’euro numérique

En matière de gestion des risques, il importe notamment de limiter la masse monétaire de l’euro numérique. Fabio Panetta fixe une fourchette comprise entre 1000 et 1500 milliards d’euros. Cela équivaudrait à limiter la possession d’euros numériques à 3000 à 4000 euros en moyenne par Européens.

Cette restriction n’est pas arbitraire. “Nos analyses préliminaires indiquent que le maintien du total des avoirs numériques en euros entre un trillion et un trillion et demi d’euros éviterait des effets négatifs pour le système financier et la politique monétaire”, avance Fabio Panetta.

Le respect de cette limitation nécessitera par conséquent une adoption « progressive ». Ainsi, « il faudra probablement plusieurs années avant qu’une majorité détienne des euros numériques ».

Le membre du directoire de la BCE défend cette approche, jugeant « judicieux de pécher par excès de prudence ». Un déploiement progressif est l’opportunité de procéder à des ajustements « en fonction de l’expérience et de l’adoption de l’euro numérique au fil du temps ».

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Christophe Auffray
Cofondateur et rédacteur en chef adjoint - Journaliste spécialiste de la transformation numérique depuis 2005, Christophe a notamment été rédacteur en chef adjoint chez ZDNet. Il suit de près l’actualité autour des actifs numériques et la décrypte au quotidien. Contact : christophe@coins.fr