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NFT : Comment le Français Arianee retisse le lien entre les marques et leurs clients

Pierre-Nicolas Hurstel arianee
Pierre-Nicolas Hurstel, patron et cofondateur d'Arianee

La jeune pousse tricolore, qui a ciselé pléthore de collections NFT pour de nombreuses marques, s’évertue à retisser le lien, souvent distendu, entre ces dernières et leurs communautés respectives. Une démarche « désintermédiée » sur laquelle revient pour Coins.fr, Pierre-Nicolas Hurstel, CEO d’Arianee.

 

Promis à une mort certaine en pénétrant dans le labyrinthe pour affronter le terrible Minotaure, Thésée ne devra son salut qu’à l’ingéniosité d’Ariane, fille du roi de Crète Minos, laquelle l’exhortera à dérouler un fil tout le long de son trajet pour, ensuite, pouvoir facilement faire le chemin retour. C’est cet épisode, figurant en bonne place dans le Panthéon de la mythologie grecque, qui va enjoindre Arianee (prononcer « Ariani ») à peaufiner et ciseler son offre reposant sur une relation faisant fi des intermédiaires et autres pesanteurs pour bâtir un chemin « unique » au sein duquel se rencontreront directement les marques et leurs clients.

« Il devenait parfois même impossible, en raison d’un trop grand nombre d’intermédiaires et de strates, pour certaines marques, d’avoir un contact direct avec leurs utilisateurs, appuie le dirigeant, entrepreneur dans l’âme – « je l’ai toujours été, du moins dès ma sortie d’école de commerce », précise-t-il. Celui-ci, accompagné de Frédéric Montagnon qui a notamment présidé aux destinées de Teads, esquisse alors les contours de l’offre d’Arianee.

L’importance de la pédagogie et de l’accompagnement

« Nous avons, dès 2018, créé la couche open source de la technologie, en l’occurrence un protocole ouvert multi-chain dans l’environnement Ethereum (EVM). Ensuite, nous avons mis sur pied une association pour gérer ce protocole, on commence à inviter des marques à participer », explique Pierre-Nicolas Hurstel. Les fondations sont posées, les premiers partenaires affluent (Moncler, IBM, Mugler, Breitling) mais rapidement le tandem perçoit la difficulté pour les marques de pleinement s’approprier ledit protocole. Nous sommes alors en 2020 et, élément supplémentaire entravant le tableau de marche : la crise sanitaire, le confinement et toute la planète sous cloche.

« Nous avons perçu, durant cette période que les marques n’étaient pas encore tout à fait prêtes à appréhender notre protocole. Qu’elles avaient besoin de plus. Tout comme, du moins à cette période, les investissements en tokens ne recueillaient pas non plus les faveurs des investisseurs », relate le responsable. L’immobilisme engendré par la pandémie de Covid-19 va néanmoins avoir « le mérite » de pousser Arianee dans ses retranchements et faire montre de créativité, poussant l’entreprise à modeler des outils pour aider les marques à pleinement appréhender son offre.

« Arianee muscle son jeu »

« Nous avons ‘packagé’ toute notre offre en construisant des outils faisant totalement abstraction de la blockchain. En payant une licence, la marque a toute latitude pour minter des NFT, les distribuer et ne pas s’occuper des transactions ». La greffe semble prendre au point qu’Arianee réalise son premier tour de table en amorçage en mars 2021 pour un montant avoisinant les 8 millions d’euros. « Un mix de tokens et d’equity. Ceux qui investissent dans l’entreprise achètent de l’Aria-20, le jeton natif de notre protocole », explique le dirigeant.

Une première réussite qui va en appeler d’autres car quelques mois plus tard, les sujets web3, NFT, métaverse s’imposent littéralement dans le débat public, repoussant les frontières de leur écosystème d’origine. Ces thématiques sont omniprésentes, offrant une fenêtre de tir supplémentaire à Arianee pour « muscler son jeu » et son offre. « Nous avons commencé par proposer aux marques de ‘tokeniser’ des objets physiques. En l’occurrence, créer un « double digital » d’un objet particulièrement onéreux comme une montre Vacheron Constantin. », précise le dirigeant.

Avant d’élargir les capacités de tokenisation en permettant à des marques de lancer leur collection de NFT qui ne sont liées à aucun produit ou œuvre physique. Pour ensuite tendre vers des NFT dits « communautaires » qui permettent d’exacerber le sentiment d’appartenance à une communauté ou un groupe. En outre, Arianee accompagne les marques dans leur choix. « Tout le monde n’est pas en capacité de le faire. Il faut les guider et rester raisonnable et réaliste ».

Plaidoyer pour un internet « véritablement décentralisé »

Creusant son sillon, Arianee décolle encore davantage au cours du premier trimestre 2022 avec pour point d’orgue une levée de fonds de 20 millions de dollars orchestrée par Tiger Global au sein de laquelle tous les fonds précédents ont « remis au pot ». De quoi rassasier les ambitions de la jeune pousse ? Pas vraiment, Arianee poursuit son offensive et nourrit de (très) hautes ambitions. « Nous voulons révolutionner la façon dont les relations entre les marques et leurs publics s’organisent sur internet. Et ainsi œuvrer à l’émergence d’un véritable internet décentralisé, respectueux des données personnelles et où les gens sont en contact direct », s’enthousiasme l’entrepreneur qui ne se fixe aucune limite, également, pour conquérir de nouveaux marchés.

« Nous visons toutes les marques, tous les utilisateurs, dans le monde entier. Nous voulons, dans un premier temps, transformer l’essai avec notre secteur d’origine, luxe/mode, pour ensuite explorer d’autres secteurs », sourit Pierre-Nicolas Hurstel prêt à découvrir de nouvelles contrées et bâtir de nouveaux chemins.

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Samir Hamladji
Rédacteur et reporter - Journaliste pour plusieurs grands médias tels que LesEchos ou Challenges, Samir a été en charge de la rubrique Finance chez Forbes de 2016 à 2019. Il s'intéresse depuis plusieurs années à l'écosystème des crypto-monnaies et de la blockchain.