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La banque JPMorgan s’installe dans le métaverse

Crédit : Shutterstock

JPMorgan, via sa filiale blockchain Onyx, est la première banque à s’installer dans le métaverse avec un bureau dans Decentraland. Elle publie en outre une note pour démystifier les mondes virtuels.

 

Entre les dirigeants de la banque JPMorgan et l’univers crypto, les tensions sont depuis toujours… tendues. Ainsi, le responsable de la stratégie de marché et d’investissement de JPMorgan Asset & Wealth Management critiquait récemment Bitcoin, DeFi, mais aussi NFT.

Pour autant, le géant de la finance est un acteur de la blockchain. Il dispose de sa division : Onyx et de son token pour les paiements transfrontaliers. Mais JPMorgan s’intéresse aussi au métaverse.

Déceler les réelles opportunités du métaverse

L’entreprise américaine dispose en effet désormais d’un bureau Onyx au sein de Decentraland, l’un des principaux projets de métaverse avec The Sandbox. JPMorgan n’est cependant pas là pour faire de la figuration.

En parallèle de son arrivée dans Decentraland, la banque publie un rapport à destination des entreprises. Nombre d’entre elles voient exploser les thématiques des NFT et du métaverse, sans en saisir réellement les principes.

C’est à ce travail d’éclaircissement que se livre donc JPMorgan. Le titre de ce document : « Opportunités dans le métaverse. Comment les entreprises peuvent-elles explorer le métaverse et s’y retrouver entre le battage médiatique et la réalité ».

La banque identifie 5 grands domaines en termes d’opportunités : transaction, socialisation, création, propriété et expérience. En matière de propriété, les NFT représentait ainsi un marché de 41 milliards de dollars en 2021 – et même plus d’après les derniers chiffres.

Monde virtuel et nouveaux business models

Dans ce document d’acculturation au métaverse à destination des dirigeants d’entreprise, JPMorgan définit donc ces univers virtuels (oui, ils sont multiples), et précise la distinction entre Web2 et Web3.

Pourquoi cette frontière ? Car chacun dispose de ses propres caractéristiques, en termes de plateforme, mais pas seulement. Les interactions avec et entre les utilisateurs sont aussi différentes.

Il s’agit pour JPM de souligner l’émergence de nouveaux business models, qui pourraient à terme fragiliser la domination des champions du Web 2.0 que sont les GAFAM. C’est d’ailleurs l’une des raisons justifiant leur intérêt pour le Web 3.0, déclarait Cédric O lors de la conférence de l’ADAN.

C’est un autre débat toutefois. Pour JPMorgan, il est important de comprendre le fonctionnement de l’économie du métaverse ou metanomic. La particularité du métaverse est de reposer sur une réelle propriété.

Des opportunités B2C et B2B

Les jetons, souvent des NFT, acquis sont stockés dans le wallet du propriétaire, qui en fait usage à sa guise. C’est une rupture par rapport à l’économie du Web actuelle ou l’abonnement ou droit d’usage est la norme.

Mais qui dit propriété, dit aussi jeu de l’offre et de la demande – et effet sur les prix. Ainsi, le prix moyen d’une parcelle de terrain virtuel a doublé en l’espace de six mois. Il est passé de 6.000 à 12.000 dollars. L’immobilier virtuel est devenu un marché. C’est une opportunité. Et pas la seule. Pour JPMorgan, le marché B2C se double de riches opportunités dans le B2B.

Imaginez que vous puissiez construire un jumeau numérique complexe d’une usine ou d’un espace industriel à grande échelle, et tester comment les systèmes robotiques interagissent avec l’environnement physique”, suggère par exemple le rapport.

« L’une des grandes possibilités du metaverse est qu’il va massivement étendre l’accès au marché pour les consommateurs des économies émergentes et frontalières », avance-t-il encore.

Toutefois, le métaverse est encore loin d’être abouti et il doit mûrir dans plusieurs domaines clés : technologie, infrastructure commerciale, confidentialité & identité, compétences et régulation.

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Christophe Auffray
Cofondateur et rédacteur en chef adjoint - Journaliste spécialiste de la transformation numérique depuis 2005, Christophe a notamment été rédacteur en chef adjoint chez ZDNet. Il suit de près l’actualité autour des actifs numériques et la décrypte au quotidien.