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The Merge : la blockchain Ethereum fusionne

Ethereum Merge
Crédit : Shutterstock

C’est un jour historique dans l’écosystème crypto. Avec The Merge, la seconde blockchain du marché, Ethereum, pivote aujourd’hui sur la preuve d’enjeu. A quoi s’attendre : les 7 points importants.

 

Ethereum vient de réaliser sa très attendue migration sur un mécanisme de validation de transactions Proof-of-stake (preuve d’enjeu). La blockchain spécialisée dans les DApps abandonne le Proof-of-work (preuve de travail) et donc le minage pour le staking.

The Merge représente la fusion de la chaine Beacon (Consensus) avec le réseau principal PoW d’Ethereum (Exécution).

Une consommation énergétique réduite de plus de 99%

Pour valider des transactions sur Ethereum, les participants au réseau – les validateurs et non plus les mineurs – ne doivent désormais plus faire tourner des machines énergivores, mais staker des ethers, soient les verrouillés dans des comptes dédiés.

La fondation Ethereum estime ainsi que la fusion rend la blockchain plus verte avec une consommation énergétique réduite de 99,95%.

Pas de gain de vitesse ni de baisse des frais

Contrairement à une fausse idée répandue, la blockchain Ethereum ne gagne que très peu en scalabilité (vitesse de traitement des transactions) avec The Merge. Le réseau valide maintenant très légèrement plus vite les blocs, mais les problèmes de congestion seront toujours d’actualité. Les frais de transaction ne baissent également pas.

En fait, ce sont de prochaines mises à jour qui permettront à Ethereum de devenir plus rapide et moins onéreuse. Vitalik Buterin déclarait cet été que la blockchain ETH serait finalisée à seulement 55% après la fusion. Des updates, connues sous le nom de Surge, Verge, Purge et Splurge, contribueront ainsi à rendre plus scalable, notamment grâce au sharding, et moins coûteuse la seconde blockchain du marché.

Une sécurité accrue

La fusion augmenterait considérablement la sécurité d’Ethereum. Avec un mécanisme PoW, 51% de la puissance du réseau est nécessaire pour le contrôler, soit environ 5 milliards de dollars de matériels miniers selon le populaire développeur ETH Justin Drake.

Avec le Proof-of-stake, nous aurons environ 20 milliards de dollars de sécurité économique – et c’est un chiffre dont je m’attends à ce qu’il augmente considérablement,” a-t-il dit lors d’un récent entretien sur le Time.

En outre, le développeur explique que les gardiens du réseau peuvent désormais identifier l’attaquant et l’éjecter du système. « Plus que ça, on peut les pénaliser, y compris en détruisant toute leur mise », d’après Drake.

Changement de la politique monétaire

Avec The Merge, la politique monétaire d’Ethereum évolue. La cryptomonnaie ne devient pas pour autant déflationniste. C’est encore une fausse idée reçue. L’adoption du PoS ajoute une « pression déflationniste » en distribuant des récompenses moins importantes. Les mineurs généraient près de 13 000 ETH quotidiennement. Les validateurs en remportent maintenant beaucoup moins, environ 1600 par jour.

Dans le même temps, une certaine quantité d’ETH versée au réseau sous forme de frais de transaction est désormais brûlée, un changement qui est entré en vigueur en 2021 avec l’EIP-1559. Ceci, combiné à une baisse du taux d’émission, ajoute ainsi une pression déflationniste, selon les experts de la blockchain.

Risque de centralisation ?

Les gros détenteurs d’ethers peuvent devenir des validateurs à part entière (32 ETH minimum). Les plus petits portefeuilles doivent confier leurs ethers à un validateur qui stakera les tokens à leur place.

Naturellement, les grandes crypto-bourses centralisées comme Coinbase proposent des services de staking. Et près de la moitié des ethers stakés aujourd’hui le sont par seulement une poignée d’acteurs, à savoir : Coinbase, Binance, Kraken et Lido, un protocole de staking liquide.

Les gros exchanges centralisés, soumis aux réglementations, pourraient menacer la décentralisation d’Ethereum, selon les partisans de la blockchain. Ces derniers souhaitent que les protocoles DeFi comme Lido restent suffisamment décentralisés pour conserver leur résistance à la censure.

Les bugs possible suite à The Merge

Pour le développeur Ethereum Justin Drake, des bugs peuvent survenir suite à la fusion.

Il y a beaucoup de clients et beaucoup de code, et pas mal de complexité. Je m’attends donc à ce qu’il y ait des bugs. Très probablement, ce ne sera pas 100% lisse. Mais la bonne nouvelle est que nous avons une diversité de clients,” a-t-il déclaré.

Aucun logiciel client Ethereum n’est utilisé par plus de la moitié des validateurs. Un bug ne se transformera donc pas en « risque systémique », selon Drake.

Que deviennent les mineurs ?

Le changement de mécanisme de validation des transactions met sur la touche les actuels mineurs ayant investi dans des machines dédiées à cette activité.

Certains d’entre eux comptent faire émerger un fork à la suite de la fusion, soit une chaine parallèle qui continuerait à tourner sous Proof-of-work. D’autres se tournent vers Ethereum Classic (ETC), un fork qui a émergé en 2016 suite à un hack sur le réseau Ethereum. L’avenir parait toutefois compliqué pour les ex-mineurs d’ETH.

Conclusion

La fusion est dans l’ensemble transparente pour l’utilisateur final. Il s’agit néanmoins d’un pas de géant pour Ethereum. Le passage au PoS est un chantier immense mené depuis plusieurs années par les développeurs. Avec une capitalisation de près de 200 milliards de dollars et des milliers d’applications hébergées sur son réseau, l’erreur n’est pas permise. En outre, The Merge était indispensable pour les développements à venir.

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Stanislas Pogorzelski
Cofondateur et rédacteur en chef - Entrepreneur dans le digital depuis 2006, Stanislas possède aujourd’hui plus de 5 ans d’expérience dans le traitement de l’actualité liée à la crypto-monnaie et la blockchain. Il a notamment fondé et dirigé la rédaction de Cryptonaute.fr, un média dont il s’est finalement séparé en 2020. Contact : stanislas@coins.fr