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Action pour le KlapCoin et la première ICO du cinéma

Fabien Berger
Fabien Berger, Co-PDG de La Diversité du Cinéma Français (La DCF) / KlapCoin

Le financement du cinéma en France adopte le Web3 par l’intermédiaire de La Diversité du cinéma Français (DCF) et de 2 tokens : KlapCoin, un stablecoin, et Lux, un jeton de gouvernance. Entretien exclusif avec les dirigeants du projet : Joël Girod et Fabien Berger.

 

L’industrie de la musique et celui de l’art ne sont pas les seuls à s’intéresser aux opportunités offertes par la blockchain et les crypto-actifs. Dans le cinéma, des projets aussi se mettent en œuvre, comme NFT Studios ou Decentralized Pictures.

En France, une petite révolution se prépare aussi dans le domaine du financement de l’audiovisuel. A la réalisation : La Diversité du cinéma Français (La DCF), une société associant des professionnels du cinéma et parrainée par le réalisateur Claude Lelouch.

ICO : objectif minimum de 2 millions d’euros en KlapCoins

En novembre 2021, la DCF annonçait vouloir lancer une ICO, une émission de jetons KlapCoin. Son but est de lever 2 à 8 millions d’euros pour financer la création d’un catalogue d’œuvres retenues par un comité de sélection.

L’originalité du projet consiste donc à exploiter le potentiel de la blockchain et de la crypto pour permettre à des particuliers d’investir, en plus des professionnels de la production. L’ICO s’ouvre ce jeudi 28 avril et se prolongera jusqu’au 9 juin, au plus tard.

La 1ère ICO doit parvenir a minima à 2 millions d’euros pour permettre le financement d’un nombre suffisant d’œuvres de la première sélection ou pellicule baptisée « Frères Lumière ». D’autres pellicules suivront, et pas uniquement dédiées au cinéma.

Car si l’émission du KlapCoin a pris du retard par rapport au calendrier initial, c’est en raison de l’intérêt exprimé par d’autres filières, comme celle de l’animation, expliquent à Coins.fr deux dirigeants de la DCF, Joël Girod et Fabien Berger.

Une plateforme ouverte à d’autres projets dans le divertissement

Joël Girod

Joël Girod, Co-PDG de La Diversité du Cinéma Français (La DCF) / KlapCoin

En effet, l’ambition de départ a été revue à la hausse en raison des « envies suscitées » dans le monde du divertissement, au-delà donc de l’audiovisuel. « Il nous a semblé pertinent de prendre le temps d’étoffer la plateforme afin qu’elle soit en mesure de répondre plus largement et rapidement à un ensemble d’attentes », déclare Joël Girod, directeur général de la DCF.

L’entreprise ne sera par conséquent pas la seule cliente de la plateforme de financement. Des projets dans la musique sont également en préparation, avec des besoins complémentaires.

Résultat : le périmètre fonctionnel couvrira un spectre plus large pour permettre aux différents utilisateurs de la plateforme de mener notamment leurs propres ICO et ventes de NFT.

« Notre projet ne se limite pas à lancer une ICO pour financer des films, mais bien à accueillir le maximum de monde », souligne, le co-DG de la DCF, Fabien Berger. Par ailleurs, ses artisans ont participé à l’acculturation au Web3 au sein du secteur, en particulier auprès des plus petites maisons de production.

Les crypto-actifs seule solution pour impliquer les spectateurs

Nous avons pris du temps pour évangéliser au sein du monde de l’audiovisuel et aussi de la finance traditionnelle, dont nous venons Fabien et moi-même. Il a aussi fallu rassurer. C’était important de le faire”, déclare Joël Girod.

Et pour créer la confiance et l’adhésion, le financier estime que l’identité des partenaires du projet a fortement contribué, parmi lesquels Exaion, filiale à 100% d’EDF ou encore les Lelouch, père et fille. « Nous réunissons l’ancien et le nouveau monde », réagit Joël Girod.

Le nouveau monde, c’est donc un schéma de financement reposant sur la crypto et la participation d’une communauté. « Seuls les crypto-actifs permettent enfin de lui attribuer un droit de vote » et la possibilité d’influer sur les œuvres qu’elle souhaite consommer.

Heureusement, la révolution blockchain rend possible d’associer une communauté. Et cette communauté, qui représente le client final, a son mot à dire. C’est une avancée technologique et financière considérable pour l’économie réelle de l’industrie audiovisuelle. L’économie classique n’aurait pas permis d’atteindre un tel résultat.”

Stablecoin, token de gouvernance et NFTs

Le succès est cependant conditionné à une première ICO. Comme indiqué, le financement nécessite de lever au minimum 2 millions d’euros et jusqu’à 8 millions maximum. Cela équivaut donc à l’émission de 20 à 80 millions de jetons KlapCoin d’une valeur unitaire de 10 centimes d’euros.

L’investissement sera possible à partir de 1 euro, soit 10 KlapCoins. La valeur du token sera fixe. Son fonctionnement est pensé pour être celui d’un stablecoin. De quoi donc rassurer un peu plus encore les investisseurs.

Pour les investisseurs en quête de rendements, le KlapCoin ne sera qu’une porte d’entrée, même si la DCF annonce « des claim annuelles de 2 à 7% par an sur le Klap ». Mais c’est en investissant le stablecoin dans la Pellicule et donc son financement que les investisseurs s’engagent véritablement.

Les KlapCoins investis sont alors immobilisés pour une période donnée. En contrepartie, l’investisseur reçoit des tickets représentant sa part dans la Pellicule et les Lux [Ndlr : lumière en latin] associés, le 2e token du projet. Il s’agit cette fois d’un jeton de gouvernance dont le nombre est limité à 100.000 pour chaque pellicule avec une supply maximum de 2 millions (hors staking). Le Lux pourra être conservé ou monétisé, notamment via du staking.

A moyen ou long terme, avec la création d’une DAO, le Lux donnera aussi aux détenteurs des droits de vote sur la gouvernance de la plateforme. A ce stade, le Lux définit pour les particuliers, en fonction de leur niveau d’investissement, leur statut et leurs droits.

Le « Fauteuil » jeune talent, par exemple, nécessite au minimum 500 euros d’investissement et permet à son titulaire de participer à des loteries et prétendre à des avants-premières ou à des NFT. Au rang Acteur, l’investisseur s’ouvrira les portes des coulisses pendant une journée.

Des tickets d’investissement négociables au secondaire

Les NFT versés aux particuliers ne sont les seuls jetons non fongibles associés à la plateforme. Les tickets, qui représentent donc des parts, sont représentés sur la blockchain Tezos sous forme de NFT.

Les tickets peuvent dès lors être négociés au secondaire sur des marketplaces NFT, ce qui accroît leur liquidité et permet donc aux investisseurs de bénéficier de plus-values lors d’une revente. La valeur de ces tickets pourra s’apprécier en fonction de la valeur commerciale des œuvres du catalogue.

Avec le KlapCoin, ses promoteurs ciblent différents profils d’investisseurs. Parmi ceux-ci, les primo-investisseurs en cryptomonnaie. Compte tenu des caractéristiques du Lux, le jeton devrait aussi attirer des profils d’investisseurs crypto habitués du trading. Enfin, les professionnels de l’audiovisuel investissant plus de 250.000 euros et qui bénéficieront d’un droit de premier regard sur les œuvres sélectionnées.

La DCF annonce une cotation des jetons sur des DEX compatibles Tezos et des CEX, dont deux au démarrage. Une troisième plateforme centralisée sera ajoutée d’ici quelques mois. Toutes ont en commun d’être enregistrées comme PSAN auprès de l’AMF.

Après l’ICO, et si le cap des 2 millions d’euros est franchi, le pôle artistique aura pour mission de livrer une dizaine d’œuvres. Elles seront soumises au premier comité de sélection qui se réunira en juillet. L’enjeu sera alors de « sélectionner parmi l’intégralité de ce qu’il recevra au moins une dizaine de projets qualitatifs ».

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Christophe Auffray
Cofondateur et rédacteur en chef adjoint - Journaliste spécialiste de la transformation numérique depuis 2005, Christophe a notamment été rédacteur en chef adjoint chez ZDNet. Il suit de près l’actualité autour des actifs numériques et la décrypte au quotidien.