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La suprématie d’Ethereum dans la DeFi menacée pour JPMorgan

Crédit : Shutterstock

Ethereum a trop tardé à renforcer sa scalabilité. Sa domination dans la finance décentralisée s’effrite dangereusement, juge la banque JPMorgan. Les développeurs relativisent.

 

Ethereum est-il en danger ? A court terme, non, mais la concurrence est très dynamique et se développe rapidement. Et cette dernière capitalise sur la fragilité principale de la blockchain de référence : sa scalabilité.

Ethereum fait actuellement l’objet d’une course intense pour maintenir sa domination dans le domaine des applications, et l’issue de cette course est loin d’être acquise, selon nous”, écrit JPMorgan Chase dans une note.

Trop lent sur l’intégration du sharding

Le développement d’Ethereum n’est bien entendu pas à l’arrêt. Plusieurs mises à jour majeures ont été réalisées en 2021. Par ailleurs, la blockchain migrera cette année vers le Proof-of-Stake avec ETH 2.0. De plus, les solutions layer 2 se développent vite.

Rapidité de traitement des transactions et coûts seront ainsi moins pénalisants pour Ethereum et les applications décentralisées qu’elle héberge. Néanmoins, pour les analystes de JPMorgan, ce ne sera pas forcément suffisant.

Ces évolutions « pourraient arriver trop tard », suggèrent-ils. En effet, la phase finale sur le sharding ne sera pas terminée avant 2023. Et les réseaux concurrents d’Ethereum pourraient mettre à profit ce délai pour accroître leur part de marché, en particulier dans la DeFi.

Ainsi, note l’institution financière, Terra, Binance Smart Chain, Avalanche, Solana, Fantom, Tron ou encore Polygon se démarquent actuellement en termes de progression dans la finance décentralisée.

Pour éroder la domination d’Ethereum, ces projets lèvent d’importants capitaux et mettent en place des programmes d’incentives séduisants. Ils développent de cette manière leur écosystème.

De 100% à 70% dans la DeFi

Résultat, la part de marché d’Ethereum a reculé en 2021 de pratiquement 100% à environ 70% de la TVL (Total Value Locked, soit les montants en crypto engagés dans les protocoles DeFi).

JPMorgan prévient : cette part se réduira encore d’ici à l’implémentation complète du sharding sur le réseau. Cette concurrence qui pèse sur les épaules d’Ethereum, c’est d’ailleurs ce qui l’empêche de supplanter Bitcoin. C’est du moins la thèse soutenue par le PDG de Messari dans son rapport Crypto 2022.

« ETH doit aussi surveiller ses arrières. La dominance du Bitcoin a reculé de 71% à 42% cette année. Mauvais. Mais la dominance de la plateforme de contrats intelligents a également fondu de 80% à 60% », écrit Ryan Selkis.

Une plus petite part d’un gâteau DeFi plus grand

Oui, la part de marché d’Ethereum se réduit. Sans surprise. D’après les indicateurs de DappRadar, Ethereum représentait 96% du volume total des transactions fin 2020. Ce chiffre atteindrait les 70% à présent, mais d’un marché qui a considérablement grandi depuis.

En valeur absolue, Ethereum reste donc un acteur de poids. Et l’avenir n’est sans doute pas à la suprématie d’un acteur unique, mais à l’interconnexion et à la cohabitation entre de multiples réseaux.

Dans les colonnes de Decrypt, les développeurs Ethereum nuancent par ailleurs certaines des conclusions du rapport de JPMorgan.

Les rollups sont opérationnels aujourd’hui, et le sharding réduira leurs coûts, mais la technologie fonctionne et est maintenant massivement dérisquée”, réagit Tim Beiko.

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Christophe Auffray
Cofondateur et rédacteur en chef adjoint - Journaliste spécialiste de la transformation numérique depuis 2005, Christophe a notamment été rédacteur en chef adjoint chez ZDNet. Il suit de près l’actualité autour des actifs numériques et la décrypte au quotidien.